mardi 12 juin 2007

Prélude







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Tous les pays qui n'ont plus de légende Seront condamnés à mourir de froid ...

Loin dans l'âme , les solitudes s'étendent Sous le soleil mort de l'amour de soi.



A l'aube on voit monter dans la torpeur Du marais , les bancs de brouillard immenses Qu'emploient les poètes par impuissance , Pour donner le vague à l'âme et la peur.










Il faut les respirer quand ils s'élèvent Et jouir de ce frisson inconnu Que l'on découvre à peine dans les rêves , Dans les paradis parfois entrevus;



Les médiocres seuls , les domestiqués Ne pourront comprendre son amertume :
Ils n'entendent pas , perdu dans la brume , Le cri farouche des oiseaux traqués.

C'était le pays des anges sauvages , Ceux qui n'avaient pas pu se nourrir d'amour ; Comme toutes les bêtes de passage , Ils suivaient les vents qui changeaient toujours ;Ils montaient parfois dans les coeurs élus , Bien au dessus des fadeurs de la terre , MAIS ils sentaient battre dans leurs artères le regret des cieux qu'ils ne verraientplus !


Alors ils s'en allaient des altitudes Poussés par l'orgueil et la lâcheté ; On ne les surprend dans nos solitudes que si rarement ; ils ont tout quitté.

Leur légende est morte dans les bas-fonds , On les voit errer dans les yeux des femmes , Et dans ces enfants qui passent dans l'âme , En fin SEPTEMBRE , tels des vagabonds

IL en est pourtant qui rôdent dans l'ombre Et ne doivent pas s'arrêter très loin ; Je sais qu'ils se baignent par les nuits sombres Pour que leurs ébats n'aient pas de témoins.

Mais si déchirant monte alors leur cri qu'il semble briser toutes les poitrines , Et va se perdre aux cîmes de l'esprit Comme un appel lointain de sauvagine.

Et les hameaux l'entendront dans la crainte , Le soir , passés les jeux de la chair; Il s'étendra sur la lande LA PLAINTE D'une bête égorgée en plein hiver ;

Ou bien ce cri de peur dans l'ombre intense


Qui stupéfie les étangs , quand s'approche les pas des poursuivants Et font rejaillir l'eau dans le silence.


Si désolant sera-t-il dans les plaines que tressailliront le coeur des passants ; Ils s'arrêteront pour reprendre haleine Et dire : C 'EST LE CHANT D 'UN INNOCENT!











Passé l'appel , résonneront encore les échos , jusqu'aux profondeurs des moelles , Et suivront son vol , comme un son de cor , Vers le gouffre transparent des étoiles

Toi , tu sauras que ce n'est pas le froid qui déchaîne un cri pareil à cette heure; Moins lamentable sera ton effroi , Tu connais les fièvres intérieures , Les désirs qui brûlent jusqu'à vous tordre Le ventre en deux , dans un spasme impuissant ; Et tu diras que ce cri d'innocent C 'EST L' APPEL D 'UN FAUVE QUI VOUDRAIT MORDRE...

































(la quête de joie)
"La Poésie devra tenir compte des voies ouvertes par Patrice de la Tour du Pin aux âmes qui veulent entrer dans le sens de la vie."(André Rousseau)
la répétition de certaines images est volontaire, elle en appelle à " ...résonneront encore les échos..."



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1 commentaire:

almarrakchi a dit…

Un harfang des neiges, au fond, c'est un hibou albinos! Un cachotier qui montre patte blanche pour attraper les innocents mulots!